Le ministère de la santé met en garde : le système de santé israélien est dans un état critique

Ces dernières semaines, le ministère de la Santé a élaboré un plan complet de réhabilitation du système de santé israélien. Le plan a été présenté au Brookdale Institute, qui conseille le ministère, et a déjà suscité une vive opposition du ministère des Finances.

Le ministère de la Santé a commencé à élaborer un plan pour la réhabilitation du système de santé au cours des dernières semaines, a appris Calcalist. Le plan est actuellement dans sa phase initiale de consolidation, mais le ministère estime qu’il coûtera 3 milliards de NIS sur plusieurs années Le plan en cours de formulation souligne que le manque de budget est le principal problème du système de santé. Les données du ministère de la Santé, parvenues à Calcalist, montrent qu’Israël n’a pas augmenté le budget de la santé par rapport à la taille de l’économie depuis plus de dix ans, ce qui a entraîné une forte baisse de la qualité et de la disponibilité des services de santé.Le directeur général du ministère de la Santé, Moshe Bar Siman Tov, a présenté les données au bureau du directeur général du Brookdale Institute, qui présente un tableau sombre de la détérioration du système de santé aujourd’hui, notamment des données actualisées, des défis à relever et des solutions possibles. La réunion au cours de laquelle Bar Siman Tov a présenté les données a eu lieu au début de la nouvelle année à New York et a réuni des experts en santé, des économistes et des consultants du Brookdale Institute – un institut de recherche créé en partenariat entre le JDC et le gouvernement israélien.

La présentation de Bar Siman Tov présente, à travers quelques faits simples, le processus de détérioration du système de santé israélien : un sous-budget chronique, associé à une croissance spectaculaire des besoins de santé du public, a entraîné une dégradation de la qualité et de la disponibilité des services.

La première constatation de la présentation est familière à ceux qui suivent le budget de l’État. Les gouvernements d’Israël n’ont tout simplement pas augmenté le budget de la santé par rapport au PIB, tandis que le reste des pays occidentaux, de leurs côtés, ont depuis longtemps compris que le système de santé était confronté à des défis majeurs, qui exigeaient par conséquent des ressources importantes.

 

Le pourcentage de dépenses de santé par rapport au PIB n’a pas augmenté en Israël depuis 2005

En moyenne, dans les pays de l’OCDE, les dépenses de santé ont augmenté de 1,5% plus rapidement que le PIB, et le PIB de 3% par an en moyenne, tandis que les dépenses de santé ont augmenté de 4,5% par an.

Cela se reflète également dans le taux de dépenses de santé en pourcentage du PIB, qui est resté stable en Israël à 7,4% entre 2005 et 2016. Parallèlement, ce taux a augmenté en moyenne de 1% dans les pays de l’OCDE et représentait en moyenne 9% du PIB.

L’absence de cet investissement a de profondes implications pour le système de santé. Ainsi, par exemple, selon la présentation, les dépenses des fonds de santé augmentent de 6,6% par an, tandis que le budget qu’ils reçoivent de l’Etat n’augmente que de 6,2%.

Selon les chiffres présentés par le ministère, le manque de budgets conduit les citoyens israéliens à moins utiliser les services de santé – une diminution de 1% de la consommation par habitant et par hôpital par an en moyenne et une diminution similaire du nombre de visites chez le médecin à l’HMO. Dans ce cas également, la tendance est contraire à ce qui se passe dans les pays de l’OCDE, où il y avait une augmentation moyenne de 1% à 2% de ces deux paramètres.

Ces données macroéconomiques ont des implications claires au niveau microéconomique. Selon la présentation, le nombre de lits par millier d’habitants a constamment diminué en Israël : de 2 en 2008 à 1,7 en 2018, ce qui représente une différence de 70,5% par rapport à 2,9 lits dans les pays de l’OCDE.

Le problème concerne non seulement les personnes hospitalisées, mais également celles qui ont dû se rendre aux urgences. Selon la présentation, les temps d’attente moyens dans les salles d’urgence en Israël ont augmenté de 17,7% en quatre ans, passant de deux heures et demie en 2012 à près de trois heures en 2016. À ce moment-là, la proportion de patients ayant attendu plus de cinq heures pour se faire soigner en salle d’urgence avait bondi de près de 20%, passant de 17% à 22%.

Cette attente insupportable ne se limite pas aux salles d’urgence, comme tous les Israéliens le savent. Selon le rapport, le temps d’attente moyen pour une consultation avec un spécialiste de la koupat holim est passé de 16,4 jours en 2011 à 23,4 jours en 2018, soit une augmentation de plus de 40%.

Ces problèmes devraient s’aggraver car le taux de croissance de la population israélienne est supérieur à celui de la plupart des pays développés membres de l’OCDE et se situe actuellement autour de 2% en moyenne par an.

 

Les israéliens se tournent vers les assurances privées

Selon le rapport, l’effondrement continu de la médecine publique a poussé le public israélien vers les assurances complémentaires des koupot holim et les assurance santé privées. Selon les données, les dépenses en assurance privée ont plus que doublé en six ans seulement, passant de 948 millions de NIS en 2010 à 2 milliards de NIS en 2016. A cette époque, la proportion de la population payant pour une assurance maladie privée est passée de 34% en 2010 à environ 45% en 2016.

La situation est similaire en ce qui concerne les complémentaire des koupots holim : les dépenses ont bondi de 60%, passant de 2,3 milliards de NIS en 2010 à 3,8 milliards en 2016 – 75% de la population israélienne ayant souscrit une complémentaire à la koupa.

En conclusion, la présentation du ministère de la Santé montre comment la politique du gouvernement érode progressivement les dépenses disponibles des familles en Israël. Selon les chiffres du ministère, la proportion des ménages dépensant dans l’assurance maladie privée par rapport au total des dépenses de santé a doublé depuis 2000, passant de 18% à 37% en 2015. Durant ces années, la proportion des dépenses de santé des ménages par rapport aux dépenses totales a bondi de 24%, passant de 4,6% en 2010 à 5,7% en 2015.

Les responsables du ministère de la Santé ont résumé leur exposé en affirmant qu’il n’était plus possible de gérer et de budgétiser le système de santé avec la méthode habituelle, et ont averti que “le système de santé publique ne sera pas en mesure de fournir une réponse médicale raisonnable”.

Pour illustrer l’importance de cette déclaration, le personnel professionnel du ministère de la Santé a fourni des prévisions particulièrement sombres. Selon eux, s’il n’y a pas de profond changement, en 2027, les citoyens israéliens financeront 42% de leurs dépenses de santé, contre 37% aujourd’hui.

Ces prévisions s’appuient sur quatre tendances marquantes qui existent aujourd’hui en Israël et qui devraient s’aggraver: le vieillissement de la population et l’augmentation spectaculaire du nombre de personnes âgées; Une augmentation du taux de maladies chroniques, même chez les jeunes; Le coût croissant des nouvelles technologies médicales; Et le l de comportement des patients israéliens, qui adoptent une approche client du système de santé et font preuve de beaucoup moins de patience face aux longues files d’attente.

Source calcalist.co.il

 

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